Préparer sa retraite quand on est une femme : les points de vigilance en milieu de carrière
Mise à jour le 25-02-2026
Au milieu de la carrière, les choix personnels et professionnels se multiplient : mariage, expatriation, entrepreneuriat, interruptions d’activité… Autant de situations qui peuvent renforcer ou fragiliser les droits à la retraite, en particulier pour les femmes. Tour d’horizon avec Sapiendo.
Mariage : le seul statut qui vous protège pour la retraite
En 2024, la France a enregistré 247 000 mariages, un chiffre en hausse par rapport aux années précédentes. Dans le même temps, 204 000 Pacs ont été conclus, un nombre en léger recul.
Du point de vue de la retraite, une différence majeure existe : seul le mariage ouvre droit à la pension de réversion, qui permet au conjoint survivant de percevoir une partie de la retraite du défunt en cas de décès.
Ce droit n’existe ni pour les couples pacsés, ni pour ceux vivant en union libre. Il s’agit donc d’un élément structurant à intégrer dans votre réflexion patrimoniale et familiale.
- Pour en savoir plus, voir notre fiche : Tout savoir sur la pension de réversion
En 2024, l’âge moyen des femmes au mariage était de 37,5 ans, selon l’Insee. Plus le mariage intervient tôt, plus vite le conjoint bénéficie d’une protection en cas de coup dur (et inversement), garantissant une sécurité financière supplémentaire pour l’avenir.
Conjointe collaboratrice : un statut à manier avec précaution
Si vous participez régulièrement à l’activité de l’entreprise de votre conjoint, celui-ci a l’obligation de vous déclarer et d’opter pour un statut : salariée, associée ou collaboratrice.
Le statut de conjointe collaboratrice est le moins coûteux pour l’entreprise, car vous n’êtes pas rémunérée. En contrepartie, il est moins protecteur pour la retraite et offre une couverture sociale plus limitée que les autres statuts. En 2022, environ 40 000 conjoints collaborateurs étaient recensés, une très large majorité étant des femmes.
Pour protéger vos droits à la retraite, il est donc conseillé d’opter idéalement pour le statut de conjointe salariée.
- Pour en savoir plus, voir notre fiche : Quelle retraite pour le conjoint collaborateur ?
En raison de la faible protection sociale associée, le statut de conjoint collaborateur est limité à 5 ans. Au-delà, vous devrez choisir entre le statut de salariée ou d’associée. À défaut de choix, vous serez réputée avoir opté pour le statut de conjointe salariée.
Conjointe accompagnante en expatriation : vigilance sur les « trous » de carrière
En 2024, 50% des inscrits au registre des Français établis hors du territoire étaient des femmes (France Diplomatie). Mais elles étaient aussi surreprésentées dans les situations les plus fragiles sur le plan professionnel : conjoints suiveurs, expatriations sans contrat local, activités précaires. Ainsi, 64% des femmes travaillent en expatriation, contre 75 % des hommes (Expat Communication).
Le risque ? En l’absence d’activité et donc de cotisations, ces périodes peuvent créer de véritables trous de carrière, rendant plus difficile l’accès au taux plein avant 67 ans, c’est-à-dire l’âge du taux plein automatique. Pour rappel, partir sans avoir atteint le taux plein entraîne une décote définitive sur le montant de la pension.
- Pour en savoir plus, voir notre fiche : Comment améliorer ma retraite quand j’ai travaillé à l’étranger ?
Si vous suivez votre conjoint à l’étranger, veillez à ce qu’il cotise pour vous à auprès de la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) afin de valider des trimestres durant cette période. Il est également recommandé de mettre en place une stratégie d’épargne adaptée et commune au couple afin de sécuriser votre retraite future.
Entrepreneuriat : tous les statuts ne se valent pas en termes de droits retraite !
En 2022, un entrepreneur sur trois était une femme, selon l’Insee. Créer ou reprendre une entreprise est fréquent en milieu de carrière, mais peu d’entrepreneurs ont conscience que tous les statuts ne garantissent pas le même niveau de droits à la retraite.
On distingue deux grandes catégories :
- Les chefs d’entreprise assimilés salariés : président de SA, SAS, SASU, gérant minoritaire ou égalitaire de SARL… Ces entrepreneurs paient davantage de cotisations sociales, et bénéficient en contrepartie d’une retraite plus élevée.
- Les travailleur non-salariés (TNS) : gérant majoritaire de SARL, entrepreneur individuel, micro-entrepreneur... Ces entrepreneurs paient moins de cotisations, et accumulent donc moins de droits retraite au fil de leur carrière.
Avant de choisir un statut, il est essentiel de réaliser un arbitrage entre vos revenus immédiats et différés. Et retenez que quel que soit votre statut, vous bénéficierez d’une plus grande perte de revenus à la retraite qu’une salariée !
- Pour en savoir plus, voir notre fiche : Comment bien préparer sa retraite en tant que chef d’entreprise ?
Pour compenser cette perte de revenus, complétez votre future pension obligatoire par une épargne retraite adaptée. Le Plan d’Épargne Retraite (PER) peut constituer un levier particulièrement pertinent pour les travailleurs indépendants. Un bilan retraite peut également vous aider à identifier toutes les pistes d’optimisation de vos droits.
Interruption de carrière : toute baisse de revenus réduit vos droits retraite
En France, les femmes sont 53% plus nombreuses que les hommes à opter pour une pause professionnelle au cours de leur carrière (LinkedIn). 23,5% d’entre elles le font pour s’occuper de leurs enfants, contre seulement 4,5% des hommes.
Gardez à l’esprit que toute interruption ou diminution de carrière non anticipée a un impact direct sur vos droits à la retraite : moins de trimestres pour la retraite de base et/ou moins de points pour la retraite complémentaire.
Idéalement, assurez-vous d’être toujours protégée. Par exemple, sachez que le chômage indemnisé, et certaines situations de chômage non indemnisé, vous permettent de continuer à valider des trimestres retraite.
Et si vous interrompez votre activité pour vous occuper d’un proche en perte d’autonomie ou en situation de handicap, sachez que la réforme des retraites de 2023 a créé l’assurance vieillesse des aidants (AVA), qui vous permet de bénéficier de trimestres même en cas de réduction ou d’interruption de votre activité professionnelle.
- Pour en savoir plus, voir notre fiche : Quelle retraite pour les aidants ?
Pour une femme sans enfant, l’écart de revenus nets moyen entre femmes et hommes est de 14,9%. Avec 2 enfants, cet écart est de 29,2% et avec 3 enfants ou plus, il atteint 42,8% !
Les leviers pour protéger vos droits à la retraite en milieu de carrière
À ce stade de votre vie professionnelle, vous disposez de plusieurs leviers pour agir efficacement :
- vérifier régulièrement votre relevé individuel de situation (RIS) ;
- anticiper l’impact retraite de chaque décision familiale ou professionnelle ;
- sécuriser les périodes à risque (expatriation, entrepreneuriat, interruption…) ;
- compléter vos droits par une épargne retraite adaptée à votre potentielle augmentation de revenus ;
- réaliser un bilan retraite pour identifier les pistes d’optimisation et marges de manœuvre.
Le milieu de carrière est une période charnière : c’est souvent là que se creusent, ou se corrigent, les écarts de retraite. Nos experts retraite sont à votre écoute pour analyser votre situation et vous aider à faire les bons choix.
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