BOURSE INSIDE - JUIN 2026

Publié le 09/06/2026

Arrêt maladie, chômage, congé maternité : ces interruptions de carrière n'effacent pas toujours vos trimestres retraite. Quels arrêts valident aussi des points et combien d'années de départ peuvent-ils changer pour vous ?

Une grossesse compliquée, un licenciement économique, un long arrêt pour burn-out : ces pauses que l'on subit dans une carrière font souvent peur au moment de penser à la retraite. Derrière l'expression un peu floue de « trimestres manquants », beaucoup de salariés imaginent que chaque mois sans salaire se traduira par une décote irrattrapable. La réalité du système français est plus nuancée, surtout pour le chômage, la maladie et la maternité.

À 52 ans, Nathalie a cumulé un congé maternité de quatre mois, six mois d'arrêt maladie et un an de chômage indemnisé. Selon son relevé, ces trois périodes lui ont tout de même validé 8 trimestres sans cotiser : 1 pour la maternité, 3 pour la maladie et 4 pour le chômage. L'écart avec une carrière continue peut aller jusqu'à deux années de départ anticipé. Encore faut-il savoir quelles interruptions sont prises en compte.

Interruptions de carrière, trimestres retraite : le principe des trimestres assimilés

 

Quand vous travaillez, vous validez des trimestres « cotisés » grâce aux salaires soumis à cotisations vieillesse. En cas de pause, l'Assurance retraite peut attribuer des trimestres assimilés : ils comptent pour la durée d'assurance, comme si vous aviez travaillé, sans revenu associé. L'objectif est d'éviter qu'une maladie, un licenciement ou une naissance ne vous fasse perdre le taux plein. Comme le résume Valérie Batigne, présidente et fondatrice de Sapiendo, « Il est important de rappeler un grand principe : vos droits à la retraite sont la contrepartie du versement de cotisations », a-t-elle expliqué à Capital.

 

Pour autant, ce principe s'accompagne d'une dose de solidarité. « Toutefois, notre système étant solidaire, il prévoit l'attribution de droits à la retraite pour certaines situations d'interruption de carrière », poursuit Valérie Batigne. Certaines périodes ouvrent alors des trimestres au régime de base et, en parallèle, des points Agirc-Arrco de retraite complémentaire. C'est le cas des arrêts indemnisés par la CPAM ou par France Travail. D'autres pauses ne donnent que des trimestres, ce qui préserve surtout l'âge de départ.

Chômage, maladie, maternité : combien de jours pour un trimestre retraite ?

Concrètement, un chômage indemnisé par France Travail (ex-Pôle emploi) permet de valider des trimestres comme une année travaillée. Chaque période de 50 jours d'indemnisation ouvre un trimestre au régime de base, dans la limite de 4 par an. En parallèle, l'Agirc-Arrco attribue des points de retraite complémentaire sur ces mêmes périodes. « C'est le cas par exemple du chômage indemnisé ou de la maladie. D'autres interruptions de carrière permettront de valider seulement des trimestres mais pas de points de retraite complémentaire, comme le congé parental d'éducation », précise encore Valérie Batigne.

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