PER : un plafond de déductibilité encore plus avantageux ?

Publié le 18/11/2025

Le débat parlementaire autour du Projet de loi de finances 2026 pourrait entraîner une évolution notable pour les titulaires d’un Plan d’Épargne Retraite (PER) et ceux qui souhaitent en souscrire un. Les députés ont en effet adopté plusieurs amendements visant à étendre de 3 à 5 ans la durée pendant laquelle un contribuable peut utiliser les plafonds de déduction fiscale non consommés sur les années précédentes.

Une mesure qui s’inscrit dans un objectif : rendre l’épargne retraite plus accessible, en particulier pour celles et ceux qui commencent à épargner tardivement.

Rappel : comment fonctionne aujourd'hui la déduction fiscale du PER ?

Chaque année, les versements volontaires effectués sur un PER peuvent être déduits du revenu imposable, dans la limite d’un plafond calculé selon la situation (statut, revenus professionnels, etc.).

Si on ne verse pas autant que ce plafond le permet, la part non utilisée n’est pas perdue : elle peut être utilisée les années suivantes. Actuellement, le solde peut ainsi être récupéré pendant trois ans.

Ce mécanisme permet d'adapter les versements d’une année à l’autre et de profiter pleinement de l’avantage fiscal lorsque les revenus ou la capacité d’épargne varient.

Exemple

 

En 2025, Marc dispose d’un plafond annuel de 5 000 €. Il verse 2 000 € cette même année.

  1. Déduction utilisée : 2 000 €
  2. Plafond non utilisé : 3 000 €, qu'il pourra utiliser durant 3 ans

Ce report peut ensuite être mobilisé pour augmenter la capacité de déduction d’une année future.

 

PER - Ce qui pourrait changer en 2026 : une préservation des plafonds non utilisés durant 5 ans

Les amendements votés prévoient d’allonger cette durée de report de 3 ans à 5 ans. Concrètement, cela offrirait deux années supplémentaires pour utiliser les plafonds non consommés. Un prolongement qui peut faire une vraie différence pour certains profils, comme :

  • celles et ceux qui ouvrent leur PER tardivement et qui souhaitent faire un versement important tout en béficiant d'économies fiscales,
  • celles et ceux dont les revenus varient d'une année sur l'autre (indépendants, professions libérales, cadres à primes, etc.), qui disposeraient d'une plus grande flexibilité dans leur stratégie d'épargne retraite,
  • les couples avec des écarts de revenus importants, où le conjoint aux faibles revenus utilise rarement tout son plafond : deux années supplémentaires permettraient de limiter la perte de disponible fiscal et d'optimiser la stratégie d'épargne du foyer.
Exemple

 

En 2025, Sophie dispose d’un plafond annuel de déduction PER de 5 000 €. Cette année-là, elle verse seulement 2 000 €.

  1. Déduction utilisée : 2 000 €
  2. Plafond non utilisé : 3 000 €

Avec un report limité à 3 ans (situation actuelle)

Les 3 000 € non utilisés peuvent être mobilisés jusqu’à fin 2028.

 

Avec un report étendu à 5 ans (réforme envisagée)

Elle pourrait les utiliser jusqu’à fin 2030, soit deux années supplémentaires.

 

Utilisation en 2027 : une année exceptionnelle !

En 2027, Sophie reçoit un héritage. Elle décide donc de verser 15 000 € sur son PER.

  1. Plafond annuel 2027 : 5 000 €
  2. Plafond non utilisé des 3 années précédentes : 9 000 €
  3. Plafond non utilisé des 5 années précédentes : 15 000 €
  4. Capacité totale de déduction sous le régime actuel : 14 000 € > Ne couvre pas entièrement son versement projeté
  5. Capacité totale de déduction avec nouvelle mesure : 19 000 € > Couvre entièrement son versement projeté

 

Un dispositif qui renforcerait l'attractivité du PER

Ainsi, si elle était adoptée, cette extension offrirait à la fois :

  • plus de flexibilité dans la gestion des versements,
  • et plus de temps pour optimiser la déduction fiscale, notamment en cas de forte variation de revenus.

Le mécanisme de calcul du plafond resterait identique : seul le délai d’utilisation des fractions non consommées serait élargi.

Un nouveau coup de boost pour ce produit d'épargne retraite, qui bénéficie déjà d'un fort succès : fin 2024, plus de 11 millions d'actifs détenaient un PER en France, selon le Ministère de l'Économie.

Attention toutefois : la mesure doit encore poursuivre son parcours législatif avant une éventuelle intégration au PLF 2026. Sapiendo suivra de près les prochaines étapes pour décrypter les conséquences pratiques de cette évolution.

Conseil Sapiendo

 

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