Chômage des seniors : quelles règles d'indemnisation en 2026 ?
Mise à jour le 21-09-2026
Les règles d’indemnisation du chômage de fin de carrière ont évolué ces dernières années, notamment pour tenir compte du recul de l'âge légal de départ à la retraite. Depuis le 1er septembre 2026, de nouvelles dispositions s'appliquent également aux salariés dont le contrat prend fin dans le cadre d'une rupture conventionnelle individuelle. Durée d’indemnisation, maintien des droits jusqu’à la retraite, dégressivité… Quelles sont les règles applicables aux seniors en 2026 ? Tour d'horizon avec Sapiendo.
1. Les règles générales de l’assurance chômage
Pour ouvrir droit à une indemnisation chômage, certaines conditions doivent être remplies. Il faut notamment :
- avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures (soit environ 6 mois) au cours des 24 derniers mois,
- remplir les conditions d'inscription auprès de France Travail et être en recherche active d'emploi.
En règle générale, la durée maximale d’indemnisation d’un demandeur d’emploi de moins de 55 ans est fixée à 18 mois (548 jours). Attention toutefois : depuis le 1er septembre 2026, des durées spécifiques, plus courtes, s’appliquent lorsque la perte d’emploi résulte d’une rupture conventionnelle individuelle.
Ces règles constituent la base commune. Les seniors bénéficient toutefois de dispositions spécifiques, notamment en matière de durée d'indemnisation et de maintien des droits jusqu'à la retraite.
Depuis le 1er avril 2026, une exception existe pour les primo-entrants, c’est-à-dire les demandeurs d’emploi qui n’ont jamais bénéficié de l’ARE ou qui n’ont pas eu de droit ouvert au cours des 20 dernières années. À défaut de remplir la condition habituelle de 6 mois, ils peuvent ouvrir des droits avec 5 mois de travail, soit 108 jours travaillés ou 758 heures.
2. Des règles spécifiques pour les travailleurs âgés de 55 ans ou plus
Les demandeurs d’emploi en fin de carrière bénéficient de conditions d’indemnisation plus favorables afin de tenir compte de leur situation sur le marché du travail.
Depuis le 1er avril 2025, ces règles s’appliquent à partir de 55 ans (contre 53 ans auparavant). Ainsi :
- la condition d'activité reste en principe fixée à 130 jours (ou 910 heures), mais sur une période de référence élargie à 36 mois (au lieu de 24) ;
- la durée maximale d’indemnisation de droit commun est elle aussi allongée. Entre 55 et 56 ans, elle s'étend ainsi jusqu’à 22,5 mois (soit 685 jours). Et à partir de 57 ans, elle peut durer jusqu’à 27 mois (soit 822 jours).
Ce qui change depuis le 1er septembre 2026 en cas de rupture conventionnelle
Depuis le 1er septembre 2026, les salariés dont le contrat prend fin dans le cadre d’une rupture conventionnelle individuelle sont soumis à des durées maximales d’indemnisation spécifiques.
En France métropolitaine, elles sont désormais fixées à :
| Âge à la fin du contrat de travail | Durée maximale de droit commun | Durée maximale après une rupture conventionnelle individuelle |
| Moins de 55 ans | 18 mois (548 jours) | 15 mois (456 jours) |
| 55 - 56 ans | 22,5 mois (685 jours) | 20,5 mois (624 jours) |
| 57 ans et plus | 27 mois (822 jours) | 20,5 mois (624 jours) |
Les demandeurs d’emploi âgés de 55 ans et plus concernés par cette réduction peuvent toutefois demander à France Travail une prolongation de leur indemnisation. Cette prolongation n’est pas automatique : France Travail examine notamment les démarches réalisées par le demandeur d’emploi pour retrouver un emploi ou mener à bien son projet professionnel.
3. Mais aussi : un maintien de l’indemnisation chômage jusqu’au taux plein retraite
Maintien des droits : quelles conditions ?
Indépendamment de la prolongation spécifique prévue après une rupture conventionnelle, il existe un dispositif permettant, en fin de carrière, de maintenir le versement de l’ARE au-delà de la durée maximale d’indemnisation, lorsque l’assuré a atteint l’âge légal de départ à la retraite mais ne dispose pas encore du nombre de trimestres nécessaire pour bénéficier du taux plein.
Pour en bénéficier, plusieurs conditions doivent être remplies :
- ne pas pouvoir bénéficier d’une retraite à taux plein ;
- avoir validé au moins 100 trimestres pour la retraite,
- être indemnisé par France Travail depuis au moins un an (soit 360 jours indemnisés),
- justifier d'au moins 12 ans d'affiliation à l'assurance chômage,
- et justifier d’une période d'emploi d’au moins 1 an de manière continue, ou de 2 ans de manière discontinue, au cours des 5 années précédant la fin du contrat de travail.
Lorsque ces conditions sont remplies, l’ARE peut continuer à être versée jusqu’à ce que l’assuré puisse bénéficier de sa retraite à taux plein, et au plus tard jusqu’à 67 ans.
Maintien des droits : à partir de quel âge ?
L’âge minimum permettant de bénéficier de ce maintien évolue en fonction de l’année de naissance. À la suite de la suspension de la réforme des retraites au 1er septembre 2026, les âges applicables sont les suivants :
| Année de naissance | Âge requis pour le maintien des droits chômage |
| 1962 | 62 ans et 6 mois |
| De 1963 au 31 mars 1965 | 62 ans et 9 mois |
| Du 1er avril 1965 au 31 décembre 1965 | 63 ans |
| 1966 | 63 ans et 3 mois |
| 1967 | 63 ans et 6 mois |
| 1968 | 63 ans et 9 mois |
| 1969 et après | 64 ans |
Lorsque vous remplissez les conditions d’âge et d’indemnisation, France Travail vous adresse automatiquement les documents nécessaires pour étudier le maintien de vos allocations.
À lire aussi : Quelles démarches pour sécuriser ma transition ?
4. La fin de la dégressivité dès 55 ans
En principe, les allocations chômage peuvent être soumises à une dégressivité, c’est-à-dire une baisse de leur montant pouvant aller jusqu’à 30 % à partir du 7e mois d’indemnisation pour les demandeurs d’emploi qui percevaient une rémunération élevée.
Toutefois, depuis le 1er avril 2025, cette dégressivité concerne uniquement les demandeurs d’emploi âgés de moins de 55 ans à la date de fin de leur contrat de travail.
Les demandeurs d’emploi âgés de 55 ans et plus ne sont donc pas concernés : leur allocation n’est pas réduite au titre de la dégressivité, quel que soit le niveau de leur ancienne rémunération.
Les règles de fin de carrière, et notamment l’articulation entre chômage et retraite, peuvent avoir un impact direct sur votre âge de départ et vos revenus avant la retraite. Les experts retraite Sapiendo vous accompagnent pour faire le point sur vos droits, sécuriser votre fin de carrière et construire une stratégie de départ adaptée à votre situation.
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