Quelle retraite pour la conjointe d'un exploitant agricole ?

Mise à jour le 17-07-2026

Lorsqu'elle participe régulièrement à l'activité de l'exploitation, la conjointe d'un exploitant agricole doit choisir un statut. Conjointe collaboratrice, salariée ou coexploitante : chaque statut ouvre des droits sociaux et des droits à la retraite différents. Voici ce qu'il faut savoir pour faire le bon choix avec Sapiendo.

Concerne
Exploitant agricole

1. Le statut de conjointe collaboratrice

Le statut de conjoint collaborateur concerne la personne qui participe régulièrement à l’activité de l’exploitation de son conjoint, sans être rémunérée et sans avoir la qualité de salariée ou de cheffe d’exploitation.

Il offre une protection sociale à moindre coût pour l’exploitation, puisque celle-ci verse des cotisations sociales sans rémunérer le conjoint. La conjointe collaboratrice bénéficie notamment d’une couverture maladie, de droits à la formation, d’une protection en cas d’accident du travail ainsi que de droits à la retraite. Mais cette couverture est très réduite.

Elle est affiliée à la Mutualité sociale agricole (MSA) en tant que non-salariée agricole, avec des conditions spécifiques qui diffèrent de son conjoint.

Bon à savoir

 

Depuis le 1er janvier 2022, le statut de conjoint collaborateur ne peut être conservé que pendant une durée maximale de cinq ans.

 

Les personnes qui exerçaient déjà sous ce statut au 1er janvier 2022 doivent en principe en changer au plus tard le 31 décembre 2026. Pour continuer à participer à l’exploitation après cette date, elles devront devenir salariées, cheffes d’exploitation, coexploitantes ou associées d’une entreprise agricole.

 

Une dérogation est toutefois prévue pour les personnes qui atteindront l’âge de 67 ans avant le 1er janvier 2032. Elles peuvent conserver le statut de conjoint collaborateur au-delà de la limite de cinq ans, jusqu’à leur départ à la retraite.

 

L’objectif de cette limitation est d’inciter les conjoints à choisir un statut plus protecteur et leur permettant de constituer davantage de droits sociaux et de droits à la retraite.

 

Les conditions

Pour bénéficier du statut de conjoint collaborateur, il faut :

  • être mariée, pacsée ou vivre en concubinage avec l’exploitant agricole ;
  • participer de manière effective et habituelle à l'activité de l'exploitation ;
  • ne pas être rémunérée pour cette participation ;
  • ne pas avoir la qualité de salariée ou de cheffe d'exploitation ;
  • ne pas être associée de la société.

Les cotisations

C’est le chef d'exploitation qui s’acquitte directement des cotisations de son conjoint collaborateur.

Elles comprennent notamment :

  • la cotisation de retraite de base plafonnée AVA, dont le taux est fixé à 17,15 % en 2026. Elle est calculée sur une assiette minimale correspondant à 400 SMIC lorsque cette option est retenue ;
  • la cotisation d'assurance vieillesse individuelle AVI, qui finance la part forfaitaire de la retraite de base lorsque l'activité est exercée à titre principal. Son taux est de 3,32 % en 2026 ;
  • la cotisation de Retraite Complémentaire Obligatoire (RCO), sont le taux est fixé à 4 %. Pour les conjoints collaborateurs, l'assiette forfaitaire correspond à 1 200 SMIC.
Bon à savoir

 

Depuis le 1er janvier 2026, les modalités de calcul des cotisations sociales des non-salariés agricoles évoluent avec la réforme de l'assiette sociale. Cette réforme vise notamment à renforcer les droits contributifs, en particulier les droits à la retraite.

Quels droits à la retraite ?

Les droits à la retraite de la conjointe collaboratrice diffèrent selon que son activité sur l'exploitation est exercée à titre principal ou secondaire.

Deux situations sont possibles :

  • Si la conjointe travaille exclusivement sur l’exploitation ou y consacre au moins un mi-temps

Son activité est considérée comme principale. Elle bénéficie de la retraite de base des non-salariés agricoles, et de la retraite complémentaire obligatoire (RCO).

Bon à savoir

 

Depuis le 1er janvier 2026, le calcul de la retraite de base des non-salariés agricoles évolue progressivement. Les pensions sont désormais calculées à partir des 25 meilleures années de carrière, contre l'ensemble de la carrière auparavant. Cette réforme concerne également les conjoints collaborateurs et les aides familiaux.

 

  • Si elle exerce moins d’un travail à mi-temps sur l’exploitation

Son activité est considérée comme secondaire. Elle acquiert des droits à la retraite proportionnelle ainsi qu'à la retraite complémentaire obligatoire, selon les cotisations versées et les règles applicables à sa situation.

Comment se déclarer ?

Le chef d'exploitation ou d'entreprise agricole doit déclarer la participation régulière de son conjoint et opter pour le statut de conjoint collaborateur.

Bon à savoir

 

Depuis la mise en place du guichet unique des formalités des entreprises, cette déclaration s'effectue par voie électronique. Le conjoint doit également signer une attestation sur l'honneur confirmant le choix du statut. La MSA procède ensuite à son affiliation.

 

2. Le statut de conjointe salariée

Le statut de conjointe salariée offre la protection sociale la plus complète. Il permet notamment de bénéficier de l'assurance maladie, de droits en matière de maternité, d'une couverture contre les accidents du travail, ainsi que d'une retraite de salariée.

Pourtant, malgré ses avantages, ce statut reste le moins utilisé (17 % des femmes d'exploitants agricoles), notamment en raison du coût qu'il représente pour l'exploitation (versement d'un salaire et paiement des cotisations sociales).

La conjointe salariée est affiliée au régime des salariés agricoles de la MSA.

Les conditions

Pour bénéficier de ce statut, il faut :

  • être mariée, pacsée ou vivre en concubinage avec l'exploitant agricole ;
  • participer effectivement à l’activité de l’exploitation ;
  • disposer d'un contrat de travail caractérisant un véritable lien de subordination avec l'employeur ;
  • percevoir une rémunération conforme aux dispositions légales ou conventionnelles applicables, au minimum égale au SMIC.

Les cotisations

L'exploitation verse les cotisations patronales tandis que la salariée s'acquitte des cotisations salariales. Elles sont calculées sur la rémunération brute.

Ces cotisations permettent de financer la retraite de base, la retraite complémentaire, mais également les autres branches de la protection sociale (maladie, maternité, chômage, accidents du travail...).

Quels droits à la retraite ?

La conjointe salariée bénéficie d’une retraite de base versée par la  MSA, et d’une retraite complémentaire auprès de l’Agirc-Arrco, gérée notamment par le groupe AGRICA pour les salariés agricoles.

Le montant de la pension de retraite de base dépend notamment :

  • des salaires soumis à cotisations ;
  • du nombre de trimestres validés ;
  • de l'âge de départ à la retraite.

Les droits à la retraite complémentaire sont quant à eux calculés en fonction du nombre de points Agirc-Arrco acquis tout au long de la carrière.

Comment se déclarer ?

Le chef d'exploitation doit effectuer une déclaration préalable à l'embauche (DPAE) auprès de la MSA avant la prise de fonction de la salariée.

3. Le statut de conjointe coexploitante

La conjointe coexploitante participe à la direction et à la gestion de l'exploitation. Elle exerce son activité en son nom propre et relève, comme le chef d'exploitation, du régime des non-salariés agricoles de la MSA.

Les conditions

La conjointe doit :

  • être mariée, pacsée ou vivre en concubinage avec l'exploitant ;
  • participer de manière effective aux travaux et à la direction de l’exploitation ;
  • partager les responsabilités de gestion de l'exploitation.

Deux situations sont principalement rencontrées :

  • exercer comme coexploitante ;
  • être associée exploitante au sein d'une société agricole (GAEC, EARL...).

Les cotisations

Chaque coexploitant cotise personnellement auprès de la MSA.

Le montant des cotisations dépend des revenus professionnels agricoles et de la part de revenus attribuée à chacun. Depuis le 1er janvier 2026, leur calcul tient compte de la réforme de l'assiette sociale des non-salariés agricoles.

Quels droits à la retraite ?

La conjointe coexploitante bénéficie d'une retraite de base des non-salariés agricoles, et d'une retraite complémentaire obligatoire (RCO).

Le montant de la retraite dépend notamment :

  • des revenus professionnels ayant servi au calcul des cotisations ;
  • de la durée de carrière ;
  • du nombre de points acquis ;
  • de l'âge de départ à la retraite.

Comme pour les autres non-salariés agricoles, la retraite de base est progressivement calculée, depuis le 1er janvier 2026, sur les 25 meilleures années de carrière.

Bon à savoir

 

Toute personne qui participe régulièrement aux travaux d'une exploitation agricole doit obligatoirement bénéficier d'un statut correspondant à son activité.

 

À défaut, cette situation peut être requalifiée en travail dissimulé et entraîner un redressement de l'exploitation, tout en privant la personne concernée d'une partie de ses droits sociaux et de ses droits à la retraite.

 

Conseil Sapiendo

 

Le choix du statut de la conjointe d'un exploitant agricole a des conséquences importantes sur la protection sociale, le niveau des cotisations et le montant de la future retraite. Avant d'opter pour un statut, il est recommandé d'évaluer son impact sur votre carrière et vos futurs droits à pension.

 

Nos experts retraite vous accompagnent pour comparer les différents statuts, estimer votre future retraite et choisir la solution la plus adaptée à votre situation.

 

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